A propos des cités volantes

Je crois que j’ai eu les yeux plus gros que le ventre.

J’ai transformé quelque chose de simple : dessiner pour le plaisir ce qui me passait par la tête dans mon carnet de croquis en un projet si gros que j’ai fini par prendre peur et tout arrêter.

Et pour couronner le tout j’ai pensé naïvement :  » ces cités volantes je les adore, je veux les partager avec tout le monde  ! Et parce que de temps en temps cet univers me parle en anglais je vais l’écrire dans la langue de Shakespeare. »

Mais bien sûr. On voit où j’en suis arrivée.

Cependant, maintenant que j’ai pris un peu de recul je ne regrette rien. Vouloir raconter ce monde m’a permis d’apprendre et de découvrir plein de choses sur moi, sur l’écriture et la création d’histoires. J’ai pu explorer de nouveaux lieux imaginaires, croiser le chemin de personnages attachant et finalement, rêver pendant des semaines entières ces cités volantes où tout reste à créer.

Je ne suis pas écrivain, je suis illustratrice. Mon dernier cours d’écriture remonte au lycée, j’ai 25 ans et jusqu’à présent je ne m’avouais pas vouloir plus que juste dessiner.

Mais voilà je ne veux pas abandonner.

Et s’il y a bien une chose que mon métier d’artiste m’a appris c’est la valeur de l’échec, l’importance d’apprendre de ses erreurs et surtout ne jamais abandonner ses rêves.

Donc quelques changements s’imposent. D’abord je vais écrire en français ! Et essayer de bien écrire…ce qui est un challenge en soi.

Je ne suis pas particulièrement cultivée et n’ai jamais brillé en cours de français. J’aime lire, mais des genres très différents et éloignés des classique de la littérature française si bien écris…ce qui me tient et me pousse c’est simplement cette envie de partager, de faire exister cet univers et de lui donner un corps. Ce qui m’oblige à ne pas tourner la page pour de bon et passer à autre chose c’est cette volonté d’écrire une histoire que j’aimerais lire.

Et peut-être, pourquoi pas, une histoire dans laquelle vous aimeriez vous plonger aussi.

vacation house small

Au fond, et c’est tout un exercice d’honnêteté que de l’admettre, je crois que j’ai toujours eu cette envie de raconter mes propres histoires. Cependant mes diverses tentatives de prendre la plume se sont éparpillées au cours de ces vingt années et n’ont jamais abouties à rien. Tout ce qu’il me reste ce sont quelques fichiers words honteusement cachés à la racine d’une hiérarchie de tentatives avortées.

Mais avec le temps, grâce au dessin et grâce au soutien de certaines personnes qui se reconnaîtront dans ces mots j’ai fini par découvrir de façon purement pratique qu’écrire me permettait de mieux ordonner mon travail et ma pensée.

En écrivant quelques lignes de textes je pouvais relier entre eux tous ces croquis vides de sens, ces pages volantes qui finissaient remisées au fond d’un carton. C’est comme si tout ce qui m’avait manqué jusque-là c’était une bobine de fil couleur encre et une aiguille bien solide pour coudre tout ça, et enfin, pouvoir dire quelque chose.

C’est comme si j’avais retrouvé ma voix, ma voie.

Et j’ai rapidement pris le coup de main, à tel point que parfois je me suis vu écrire au lieu de dessiner…et dessiner quand écrire aurait été superflu.

Il m’aura fallu traverser tout ça, et tout ça c’est une autre histoire, une histoire pour plus tard ; pour en arriver là, devant mon écran, à faire le point sur mes cités volantes.

Sailady

J’ai lu quelque part récemment que pour tenir un blog il faut avoir quelque chose à dire. Logique.

Mais allez savoir pourquoi j’ai bêtement pensé qu’il me fallait absolument dire quelque chose qui « intéresse » les gens.

Pour être honnête, après tant d’années passées à ramasser les miettes de mon estime de moi en mille morceaux j’ai toujours eu la conviction qu’au fond personne ne s’intéresse à  ce que j’ai à dire.

Ainsi, bien qu’on puisse me qualifier de joyeuse et enthousiaste bavarde, je n’ai encore rien raconté.

Mais finalement, qui suis-je pour me juger si sévèrement et par-dessus tout décider de ce qui vous captive ou ne vous intéresse pas ?

Voilà, maintenant j’enferme cette pensée égotique à double tour et je me contente de vous raconter mes cités volantes. Je vais vous les montrer comme je les vois : vastes, complexes, mystérieuses et peuplées de personnages qui se découvrent et s’explorent.

Et finalement,  parce que les cités volantes sont nées sous mes traits et que vous aimeriez peut être savoir qui se cache derrière,  je me risquerais  à partager avec vous mes souvenirs et mes pensées.

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4 commentaires sur “A propos des cités volantes

  1. Merci pour ce texte plein de franchise dans lequel je retrouve pas mal de mes propres zigzags envers l’écriture 🙂
    En échange, voici mes réactions au fil du texte : d’abord, il n’y a pas de meilleure raison de raconter une histoire que de l’aimer et d’avoir envie de la partager ! Ensuite, sans « les yeux plus gros que le ventre », je crois qu’on ne se lancerait pas ; après, si le projet grossit (et surtout si le plaisir de raconter s’échappe), c’est bien de laisser l’affaire se reposer un peu. J’ai peur que ça fasse très sentencieux, mais à force de les fréquenter j’ai l’impression que les histoires ont leur propre mode de croissance et de murissage ; il vaut mieux leur faire confiance et ne rien forcer.
    Sinon, je crois qu’on a tous des piles de « projets honteusement planqués », et s’il faut être honnête, tous les blogs veulent « intéresser les gens ». Mais cette envie très naturelle n’est pas la meilleure façon d’y arriver ; c’est comme de dire « vous allez rire » avant de raconter une blague… Essayer de deviner ce que les gens voudraient entendre pour tenter de leur raconter, c’est triple effort et peine perdue.
    Le mieux (j’ai mis du temps à l’admettre, et encore plus à le mettre en pratique) c’est de dire ce qu’on a dire, du mieux qu’on peut, honnêtement, et puis voilà. Les lecteurs se feront leur idée.
    Pour ce qui est de « bien écrire », le plus simple est le mieux. J’aime beaucoup cette idée de relier des dessins par du texte et cette image d’une « bobine de fil couleur encre et d’une aiguille bien solide » : le texte a un rôle, lier les images, les relier, et conduire le lecteur dans l’histoire.

    Et maintenant, fin du blabla, j’ai hâte de découvrir les cités volantes (malheureusement piètre lecteur en anglais, je vote pour une histoire en français) !

    Aimé par 2 people

    1. Hey merci beaucoup pour ton commentaire encourageant et d’avoir partagé tes réactions j’ai bien aimé te lire. Parfois on se sent bien seul derrière son écran ou devant sa feuille à livrer ses pensées sur un plateau. C’est rassurant d’entendre d’autres personnes partager leurs expériences 🙂

      Et je suis tout à fait d’accord avec cette vision organique de l’histoire. Elles ont définitivement leurs propres motivations et intentions…elles sont mystérieuses, joueuses, un peu sournoises parfois et adorent se cacher dans les recoins pour faire une petite sieste au moment où l’on les voudrait bavardes et pleines d’entrains.
      Finalement les histoires je les vois un peu comme des arbres, si beaux à l’état naturel.

      Taillés et contraints ils auront exactement la forme que l’on veut et c’est sans surprise mais avec une certaine satisfaction du travail bien fait que l’on observe leur beauté domestiquée. A l’inverse, laissés à l’état sauvage aucuns ne se ressemblent, ils ont chacun leurs particularités, leurs caractères. Placez un même arbre dans des environnements différents et vous n’obtiendrez jamais le même résultat. C’est là, je crois, toute la beauté, la surprise et l’excitation de la nature, toujours occupée à nous surprendre.

      Ainsi il me semble que chaque histoire suit sa propre croissance, rythmée par nos pensées, nos souvenirs, nos émotions. Celui qui raconte se contenterait, finalement, de créer un environnement favorable au bon développement de ce petit brin de récit.
      C’est ce qui me plait le plus dans tout ça je crois. Etre autant créateur qu’explorateur, un humble spectateur émerveillé penché au travers de ces fenêtres sur cours imaginaires.

      Et en voilà un de commentaire qui m’a mené par le bout du nez mes excuses pour le roman ! voilà je retourne explorer mes cités maintenant, moi aussi je suis impatiente de les découvrir 🙂

      Aimé par 1 personne

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